Sauve-moi ce soir !
Une légende du 19e siècle reportée par le folkloriste Roy Palmer en 1994, raconte l’histoire d’une tentative de meurtre préméditée mais providentiellement avertie dans un rêve.
Il était une fois, un charretier qui rêva d’une jeune femme qu’il ne connaissait pas et qui le suppliait de la sauver « ce soir dans les bois moroses de Benhall ». Sur le coup, il n’avait pas compris le message, mais s’en rappela le jour suivant lorsqu’il vit une jeune femme enceinte se tenant au bord de la route tard la nuit, évidemment pas très loin des bois en question. Elle lui raconta qu’elle avait rendez-vous avec un homme à cet endroit même, mais qu’elle se sentait un peu effrayée sur quoi, il proposa de l’accompagner.
Une fois dans les bois, tous deux aperçurent un homme creusant une tombe au pied d’un arbre mais lorsqu’il se rendit compte qu’elle était accompagnée il s’enfuit. Elle s’évanouit sous le choc et plus tard expliqua que l’homme était son amant et elle devina tristement que ce dernier préférait la tuer plutôt que de reconnaître leur enfant. Le charretier la raccompagna chez elle dans son chariot et elle accoucha plus tard dans la nuit.
Cette histoire est étrangement similaire à celle de Norton dans le Derbyshire, où ici encore le rêve d’un fermier sauve une jeune fille d’une violente rencontre avec son amant assassin, lequel avait préparé une tombe rien que pour elle dans les bois. Encore plus en avant dans l’histoire, cette légende ressemble aussi à une comptine chantée dans diverses parties d’Angleterre ou plus précisément dans le Gloucestershire (encore qu’on ne mentionne pas l’endroit exact). Cette dernière raconte encore une fois l’histoire d’une jeune fille qui se rend dans les bois pour y rencontrer son amant, mais étant en avance elle grimpe un arbre pour être en sécurité et pour observer son bien-aimé en attendant. Lorsque ce dernier arrive, elle est surprise de constater que ce dernier a emmené quelqu’un avec lui, ainsi qu’une épée et alors qu’elles les observent (toujours cachée), les deux hommes creusent une tombe. Devinant ces intentions meurtrières, elle reste cachée, mais le jour suivant elle raconte son expérience dans cette comptine: 
Le Géant de Cerne Abbas
Cette forme de 55 mètres dessinée dans un champ dans le comté de Dorset est vigoureusement controversée et débattue. Elle montre les contours d’un homme immense, son bras droit brandissant une massue, et son bras gauche suspendu dans les airs de façon peu convaincante. Ses yeux et sa bouche sont présents tous comme ses côtes et ses tétons, sans oublier bien sûr son pénis en érection… C’est ce dernier qui rendit le géant si célèbre, étant maintenant considéré comme un dieu païen de la fertilité.
Il est fort possible que le géant soit pré-catholique, même si aucun document médiéval de le mentionne. Les premières références le mentionnant se trouvent dans les registres paroissiaux de Cerne Abbas, ces dernières enregistrent en 1694 le paiement de 3 shillings « pour la restauration du Géant ». John Hutchins dans son Histoire de Dorset (1774), le décrit comme étant « une chose moderne, coupée à l’époque de Lord Holles » (1641-66). Bien que l’historien Ronald Hutton accepte cette date, il soutient que le géant est une caricature politique destiné à moquer Cromwell, surnommé « L’Hercules Anglais », sur les ordres de Lord Holles, un royaliste acharné. Ceci expliquerait pourquoi la paroisse continuait à payer pour sa restauration plus de 30 ans plus tard, pour marquer leur loyauté envers la monarchie.
D’un autre coté, l’absence écrite de références antérieures ne prouve rien, certains des plus prodigieux sites, y compris Stonehenge sont répertoriés de façon dispersée, mais il n’y a aucun doute que certains de ces géant existaient aux temps médiévaux et élisabéthains et que le Cheval Blanc de Uffington dans le Berkshire est authentiquement préhistorique.
La plupart des historiens et archéologues locaux pensèrent que le géant représente Hercules (traditionnellement symbolisé brandissant une massue), et fut crée 200 ans après JC. Cette théorie est supportée par des tests effectués sur le sol de la figure du Cerne dans les années 60 et semblaient montrer que quelque chose pendait à son bras gauche, chose qui pouvait bien être la peau de lion d’Hercules. Un test de boue comme effectué à Uffington balaierait tous les doutes.
Le géant a besoin d’être régulièrement taillé pour être visible ; ceci était négligé à la fin des années victoriennes, mais au 18e siècle, il était maintenu religieusement tous les sept ans, non sans quelques modifications. En effet, si on se réfère à un croquis de 1764, on peut voir qu’à l’époque le géant avait un nombril et que son pénis était bien plus court qu’aujourd’hui ; à un certain moment quelqu’un décida d’incorporer le contour du nombril pour hauteur du pénis. 
Le cimetière de Highgate
Il est tout naturel que le grand et dramatique cimetière de style victorien de Highgate à Londres, soit sujet à des rumeurs de fantômes. Ce qui est plus surprenant toutefois est que son spectre le plus célèbre soit identifié comme étant un vampire.
Depuis le moyen-âge les revenants sont très rares dans le folklore britannique et les suceurs de sang sont carrément inconnus. Le vampire de Highgate doit surtout son titre à la tradition littéraire et cinématographique de Dracula. Lorsque les apparitions commencèrent à être mentionnées dans la presse en 1970, ils en parlaient essentiellement comme étant celles d’un fantôme.
La publicité fut initiée par un groupe local intéressé aux phénomènes paranormaux ; ils commencèrent par investiguer le cimetière à la fin des années 60 et le 21 décembre 1969 un des membres, David Farrant, y passa la nuit et aperçu une grande figure aux yeux hypnotiques et inhumains. Par la suite il écrivit dans le Hampstead and Highgate Express le 6 février 1970, en demandant si d’autres personnes avaient vu quelque chose de similaire. Une semaine plus tard, plusieurs personnes répondirent qu’il existait une légende selon laquelle «un homme très grand portant un chapeau» pouvait être aperçu soit dans le cimetière soit sur Swains Lane, ruelle se trouvant à proximité. On pouvait également apercevoir le fantôme d’un cycliste pourchassant les femmes hors de Swains Lane, une dame blanche épiant aux travers des bars d’un portail, une autre figure plongeant dans un étang, entendre les cloches de la chapelle abandonnée retentir ou encore des voix résonner. Certains expliquèrent même leur expérience personnelle ;
Ma fiancée et moi vîmes une forme des plus inhabituelles il y a près d’un an. Elle semblait flotter au dessus du parc. Je suis content de savoir que d’autres personne l’on aperçue… A ma connaissance le fantôme prend toujours la forme d’une figure pâle et apparait depuis de nombreuses années… Soudainement du coin de l’œil j’ai vu quelque chose bouger… qui semblait se diriger vers nous depuis l’entrée, ce qui nous fit prendre nos jambes à notre cou jusqu’à ce que nous nous trouvions sur Swains Lane… Mon conseil est d’éviter cette ruelle le soir, si vous en avez la possibilité…
Hampton Court
Le palais d’Hampton à Londres a beaucoup de liens avec l’histoire colorée du temps
des Tudors et Elisabéthains, en faisant ainsi le cadre idéal pour les histoires de fantômes dont les touristes raffolent.
En particulier, la résidence serait (ou était hantée) par deux des épouses d’Henry VIII. L’une d’elles, étant Jane Seymour, son fantôme apparaissant de manière plutôt paisible, toute vêtue de blanc, une bougie à la main; elle descend les escaliers depuis ses appartements et passe par la Silver Stick Gallery (Galerie des Bâtons d’Argent). La 5ème épouse d’Henri VIII, Katharine Howard, elle ferait une apparition plus tourmentée.
En effet, elle répèterait la scène tragique alors qu’arrivant à échapper aux gardes qui l’avait arrêtée pour trahison et adultère, fonce vers la chapelle où Henri VIII écoutait la messe afin d’implorer sa grâce. Elle fût rattrapée par les gardes à la porte de la chapelle sur laquelle elle tambourinait frénétiquement en pleurant et criant.
La galerie où tout cela aurait eu lieu fut ré-ouverte au public en 1918, après avoir servie pendant longtemps de garde-meubles et d’après Charles Harper cette inactivité mis fin aux manifestations du fantôme de Katharine, encore que beaucoup ne soit pas convaincus.
D’autres histoire de fantômes sont mentionnées par Charles Harper, inclus celle d’une dame qui occupait une suite dans le palace vers 1860 et qui se plaint à Lord Chamberlain de sons inexpliqués comme des grattements provenant de derrières les panneaux de bois de sa chambre. Bien évidement, elle fut pas prise au sérieux mais durant quelques travaux effectués en 1871, deux squelettes humains furent découvert derrière ces mêmes murs et enterrés dans le cimetière du palais. De plus, en février 1907, un policier en service devant le palace vers 10 heures du soir, vit s’approcher un groupe de 2 hommes et de 8 ou 9 femmes, tous en tenue de soirée, tournèrent vers une allée en gravier pour brusquement disparaître, comme s’ils étaient évaporés à quelques mètres d’où il se tenait. Ceci était en tous cas son premier témoignage, qu’il démentit quelques jours plus tard probablement pour ne pas être importuné par les mediums, les journalistes et le public. 
Ma sœur m’a tuée !
Dans le manoir de Tadworth à Surrey, on peut admirer le portrait d’une jeune fille en habits du 17ème, posant parmi des branches et des arbres en fleurs ; alors qu’en arrière-plan à droite on peut distinguer la figure d’une autre demoiselle l’épiant derrière les mêmes branches.
Frances Leaning qui écrivait un mémoire sur le manoir dans les années 20, fut surprise de constater qu’une légende était liée à ce tableau, laquelle était passée verbalement de génération en génération avec quelques variations et que presque tout le monde vivant à Tadworth connaissait depuis les années 1850.
Il est dit que le portrait dépeint deux sœurs qui auraient vécues dans le manoir bien des années auparavant ; toutes deux étaient éprises du même homme, une avec succès et l’autre en vain. Un jour, l’homme en question vint rendre visite à sa bien-aimée et elle, ayant entendu sa voix depuis le hall principal, se pencha sur la balustrade du premier étage pour le saluer. Dans un élan de jalousie, sa sœur qui s’approchait par derrière, la saisie par la taille et la fit basculer par-dessus la balustrade ; la chute fut fatale pour sa sœur car elle atterrît tête la première sur le sol en pierre du hall. Mortifiée par son geste fratricide, la sœur monta en courant l’escalier étroit qui menait au toit et se jeta dans le vide.


(1 note(s), moyenne de 4,00 sur 5)
« En mémoire de la juste et honorable Lady Anne Grimston, épouse de Sir Samuel Grimston, Baronet de Gorhambury, qui décéda le 22 novembre 1713 à l’âge de 60 ans »




